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Histoire de l'OIT

Lancement du Programme international pour l'élimination du travail des enfants (IPEC) (1992)

Child labour being exploited by a small company in the informal sector. Undated.L'IPEC est né lors d'une réunion à Bonn, en septembre 1990, entre le Directeur général du BIT, Michel Hansenne, et le ministre allemand du Travail. Les travaux préparatoires effectués en 1991 ont conduit à l'établissement d'un programme initial. En décembre 1991, l'OIT et le gouvernement allemand ont signé un accord prévoyant une contribution de 50 millions de marks allemands sur cinq ans. Le programme a été officiellement lancé en 1992.

L'objectif global de l'IPEC est d'éliminer progressivement le travail des enfants en renforçant les capacités des pays à s'attaquer au problème et de promouvoir un mouvement mondial de lutte contre le travail des enfants. À l'heure actuelle, l'IPEC agit par le biais de la coopération technique dans 88 pays. C'est le programme le plus ambitieux du genre dans le monde et le plus vaste programme opérationnel de l'OIT.


Bien que l'objectif initial de l'IPEC ait été l'élimination progressive du travail des enfants, la lutte contre les pires formes de travail des enfants, définie dans la convention (no 182) sur les pires formes de travail des enfants, est devenue une priorité.

(Photo: Le travail des enfants est exploité par une petite entreprise du secteur informel. Sans date.)

Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail (1998)

La Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail et son suivi (1998), est un instrument de promotion spécialement conçu pour renforcer l'application des principes juridiques fondamentaux de la justice sociale, a considérablement stimulé la campagne de ratification. 
 
En juin 1994, à la 81e session de la Conférence internationale du Travail, un consensus clair s'est dégagé parmi les mandants de l'OIT pour renforcer la promotion des droits sociaux fondamentaux. Le Sommet mondial pour le développement social, tenu à Copenhague en mars 1995, a renforcé les efforts de l'OIT en invitant les gouvernements à protéger et promouvoir le «respect des droits fondamentaux des travailleurs». C'est dans ce contexte international favorable que l'OIT a défini comme «fondamentales» les conventions traitant de questions considérées comme des principes et droits fondamentaux au travail. Le 25 mai 1995, le Directeur général du BIT, Michel Hansenne, a adressé une lettre aux Etats Membres en vue d'obtenir la ratification universelle de ces conventions fondamentales, qui étaient au nombre de sept à l'époque.

En juin 1998, la 86e session de la Conférence internationale du Travail a adopté la Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail. La Déclaration, qui demandait aux États Membres de donner plein effet aux conventions de l'OIT, pour apporter une contribution décisive aux objectifs définis lors du Sommet de Copenhague. Il a réaffirmé l'engagement des États Membres de l'OIT à respecter, promouvoir et réalisier les principes relatifs aux quatre droits fondamentaux au travail:The ILO Declaration on Fundamental Principles and Rights at Work is adopted at the 86th Session of the International Labour Conference, Geneva, June 1998.
 
  • la liberté d'association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective;
  • l'élimination de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire;
  • l'abolition effective du travail des enfants;
  • l'élimination de la discrimination dans l'emploi et la profession.
« Avec cette Déclaration, l'OIT relève le défi que lui a lancé la communauté internationale en adoptant, en réponse aux réalités de la mondialisation de l'économie, un véritable socle social minimal au niveau mondial. Elle peut ainsi aborder avec optimisme le siècle qui va s'ouvrir. » (Présentation de la Déclaration par le Directeur général du BIT, p. 3, Michel Hansenne). Le Programme focal sur la promotion de la Déclaration, lancé en 1999, a créé une nouvelle catégorie de projets de coopération technique conçus et financés par l'OIT.
 
En 2008, le Directeur général du BIT, Juan Somavia, a attiré l'attention sur l'importance d'accélérer la ratification des conventions fondamentales et a proposé l'objectif d'une ratification universelle d'ici 2015. (Voir Ratification et promotion des conventions fondamentales de l'OIT, p.1)
 
(Photo: La Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail est adoptée à la 86e session de la Conférence internationale du Travail, Genève, juin 1998.)

Convention (n ° 182) sur les pires formes de travail des enfants, 1999

Child working in a cotton field during the harvest.« Selon cette convention fondamentale, le terme «enfant» s'applique à l'ensemble des personnes de moins de 18 ans. Les États qui l'ont ratifiée doivent éliminer les pires formes de travail des enfants, notamment toutes les formes d'esclavage ou pratiques analogues, telles que la vente et la traite des enfants, la servitude pour dettes et le servage ainsi que le travail forcé ou obligatoire, y compris le recrutement forcé obligatoire des enfants en vue de leur utilisation dans des conflits armés, la prostitution et la pornographie faisant intervenir des infants, l'utilisation d'enfants aux fins d'activités illicites, notamment pour la production et le trafic de stupéfiants, et les travaux qui sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l'enfant. La Convention demande aux États qui l'ont ratifiée de prévoir l'aide directe nécessaire et appropriée pour soustraire les enfants aux pires formes de travail et garantir leur réadaptation et leur intégration sociale. Ces États doivent également assurer l'accès à l'éducation de base gratuite et, lorsque cela est possible et approprié, à la formation professionnelle pour les enfants qui auront été soustraits aux pires formes de travail. » (Voir Les Règles du jeu: une brève introduction aux normes internationales du travail, p. 37).

(Photo: Enfant travaillant dans un champ de coton pendant la récolte Soudan)

Début de l'Agenda du travail décent (1999)

« Le principal objectif de l'OIT aujourd'hui est de promouvoir les possibilités pour les femmes et les hommes d'obtenir un travail décent et productif, dans des conditions de liberté, d'équité, de sécurité et de dignité humaine » (Juan Somavia, Directeur général du BIT).


The Right Honourable Mr. Mosisili, Prime Minister of Lesotho, delivers his address to the ILC. High-Level Panel on the Food Crisis, Production, Investment and Decent Work. 97th International Labour Conference. Geneva, 11th June 2008.Lancé en 1999 par le Directeur général du BIT, Juan Somavia, l'Agenda du travail décent promeut une stratégie de développement qui reconnaît le rôle central du travail dans la vie de tous. L'Organisation fournit un appui sous la forme de programmes intégrés de travail décent élaborés au niveau des pays avec les mandants de l'OIT. Ces programmes fixent des priorités et des objectifs dans les cadres de développement nationaux et visent à s'attaquer aux principales lacunes du travail décent grâce à des programmes efficaces qui répondent à chacun des quatre objectifs stratégiques de l'OIT:

  • promouvoir et mettre en œuvre les normes et les principes et droits fondamentaux au travail;
  • accroître les possibilités pour les hommes et les femmes d'obtenir des emplois et des salaires décents;
  • élargir la portée et renforcer l'efficacité de la protection sociale pour tous;
  • renforcer le tripartisme et le dialogue social.

Dans son rapport à la 87e session de la Conférence internationale du Travail, le Directeur général a rappelé les problèmes inhérents à la notion de travail décent: « L'OIT cherche à promouvoir un travail décent. Il ne s'agit pas seulement de créer des emplois mais de créer des emplois d'une qualité acceptable. Il ne saurait y avoir de divorce entre le volume de l'emploi et sa qualité. Toutes les sociétés ont une notion du travail décent mais la qualité de l'emploi peut signifier beaucoup de choses. Elle peut renvoyer à différentes formes de travail, à différentes conditions de travail ainsi qu'à des idées de valeur et de satisfaction. Ce qu'il faut aujord'hui, c'est concevoir des systèmes sociaux et économiques qui garantissent le minimum indispensable en matière de sécurité et d'emploi, sans que cela empêche de s'adapter à l'évolution rapide d'un marché mondial très concurrentiel. »


Le 10 juin 2008, à sa 97e session, la Conférence internationale du Travail a adopté la Déclaration de l'OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable, qui doit être mise en œuvre dans le contexte de l'Agenda du travail décent et de ses quatre objectifs stratégiques.

(Photo: Le très honorable M. Mosisili, Premier ministre du Lesotho, prononce son discours devant la CIT, Panel de haut niveau sur la crise alimentaire, la production, l'investissement et le travail décent, 97e session de la Conférence internationale du Travail, Genève, 11 juin 2008)

Lancement du Programme sur le VIH / SIDA et le monde du travail (2000)

Dans les années 1980, l'OIT a travaillé avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour endiguer la propagation du virus du sida. A ce titre, il a participé au Programme mondial OMS de lutte contre le SIDA, dirigé à l'époque par le Dr Jonathan Mann. En novembre 1988, lors de sa 241e session, le Conseil d'administration du BIT a examiné des projets de partenariat en cours avec l'OMS, en particulier des consultations sur le SIDA et le lieu de travail et la protection des travailleurs contre la discrimination.
 
HIV/AIDS Human Red Ribbon at ILO headquarters on World AIDS Day, 1 December 2010, Geneva.Aujourd'hui, l'OIT est déterminée à continuer de lutter contre le VIH / SIDA. En novembre 2000, en coopération avec l'ONUSIDA et conformément à la résolution adoptée à la 88e session de la Conférence internationale du Travail (juin 2000), il a lancé le Programme sur le VIH / SIDA et le monde du travail - OIT / SIDA. L'objectif du programme est de tirer parti des ressources et de la structure spécifique de l'OIT pour promouvoir la prévention sur le lieu de travail, lutter contre la discrimination contre les travailleurs infectés et atténuer l'impact socioéconomique de la pandémie, avec les mandants de l'OIT. Il comprend des activités de sensibilisation et de promotion, l'élaboration de directives et de normes, et le renforcement des capacités des partenaires sociaux grâce à la coopération technique. L'OIT contribue à l'action internationale en mettant à disposition:
  • une structure tripartite qui sert à mobiliser et soutenir les efforts du gouvernement, des employeurs et des travailleurs pour lutter contre le VIH / SIDA;
  • près d'un siècle d'expérience en aidant les gouvernements à élaborer des lois et des normes du travail pour protéger les droits des travailleurs et améliorer leurs conditions de travail;
  • Un réseau mondial de bureaux extérieurs offrant des conditions optimales pour la mise en œuvre et la gestion des projets de coopération technique;
  • une vaste expertise dans divers domaines liés au VIH / SIDA, tels que l'emploi, la santé et la sécurité au travail et la sécurité sociale;
  • des bases solides pour la recherche, l'éducation et la formation, la gestion des connaissances et la communication.

(Photo: Ruban rouge du VIH / sida au siège de l'OIT lors de la Journée mondiale du sida, 1er décembre 2010, Genève.)

Création de la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation (2002)

World Commission on the Social Dimension of Globalization. From left to right, Benjamin William Mkapa, President of Tanzania, Tarja Halonen, President of the Republic of Finland and Juan Somavia, Director-General of the ILO. London, February 24, 2004.La Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation est un organe indépendant créé par l'OIT en février 2002.

Au moment de la création de la Commission, il n'y avait pas de place au sein du système multilatéral pour une couverture appropriée et approfondie de la dimension sociale des divers aspects de la mondialisation. Le rapport de la Commission, Une mondialisation juste: créer des opportunités pour tous, a été la première étape vers l'établissement d'un dialogue structuré entre des acteurs ayant des opinions différentes et divergentes sur la dimension sociale de la mondialisation.
 
Hamish Jenkins, Eddy Lee et Gerry Rodgers rappellent que la Commission a été établie « à un moment où les inquiétudes concernant ce phénomène se faisaient persistentes : la mondialisation avait des répercussions inégales sur les gens, elle excluait beaucoup d'entre eux de ses avantages et elle était très loin de réaliser son potentiel. Beaucoup de choses avaient déjà été écrites ou dites au sujet de la mondialisation, mais la Commission mondiale était différente ; il s'agissait d'une tentative d'établir un large consensus [...] sur les grandes questions à résoudre et sur les façons les plus réalistes d'avancer. » (voir En quête  d'une mondialisation juste trois ans plus tard, p.1).
 
(Photo: Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation, de gauche à droite, Benjamin William Mkapa, président de Tanzanie, Tarja Halonen, présidente de la République de Finlande et Juan Somavia, directeur général du BIT Londres, le 24 février 2004.)

Création de l'Agenda global pour l'emploi (2003)

Speech of the Director-General of the ILO, Juan Somavia, at the Opening session of the Global Employment Forum. Geneva.Lors de sa 24ème session extraordinaire (26 juin - 1er juillet 2000), l'Assemblée générale des Nations Unies a reconnu « la nécessité d'élaborer une stratégie internationale cohérente et concertée en matière d'emploi afin de multiplier les possibilités qu'ont les hommes et les femmes d'obtenir des moyens d'existence durables et d'avoir accès à l'emploi » (p. 1). La Déclaration du Millénaire, adoptée en septembre 2000 par l'Assemblée générale des Nations Unies, a mis en exergue un certain nombre d'objectifs mondiaux à atteindre d'ici 2015, notamment réduire de moitié le nombre de personnes gagnant moins d'un dollar par jour dans le monde.

L'Agenda global pour l'emploi est la réponse du BIT à la résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies et aux objectifs énoncés dans la Déclaration du Millénaire. En novembre 2001, l'OIT a organisé le Forum mondial sur l'emploi à Genève; le Forum s'est achevé avec le lancement d'un programme en dix points visant à endiguer le chômage croissant et l'appauvrissement causés par la récession mondiale et les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Ce programme a donné lieu à l'Agenda global pour l'emploi adopté en mars 2003 par le Conseil d'administration du BIT par un large consensus tripartite et dont le but est de placer l'emploi au cœur des politiques économiques et sociales mises en œuvre par les gouvernements.


L'Agenda global pour l'emploi constitue ainsi un cadre dans lequel l'OIT peut établir des partenariats au sein du système multilatéral et approcher les gouvernements et les partenaires sociaux, tant au niveau national que régional, en vue de promouvoir la création d'emplois productifs.

(Photo: Discours du Directeur général du BIT, Juan Somavia, à la séance d'ouverture du Forum mondial sur l'emploi. Genève.)

Adoption de la Convention du travail maritime (2006)

Life saving drill at sea by the crew of a cargo ship. Greece, 1991.La 94e session de la Conférence internationale du Travail, qui s'est tenue à Genève du 7 au 23 février 2006, portait exclusivement sur le secteur maritime. La Conférence s'est fixé un objectif d'ambition sans précédent, à savoir l'adoption d'une convention internationale globale regroupant la quasi totalité des conventions et recommandations sur le travail maritime actuellement en vigueur (plus de 60 textes) en vue d'assurer des conditions de travail décentes dans un secteur de plus en plus globalisé. La convention est entrée en vigueur le 20 août 2013.

(Photo: Exercice de sauvetage en mer par l'équipage d'un cargo. Grèce, 1991.)

Déclaration de l'OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable (2008)

Le 10 juin 2008, la 97e session de la Conférence internationale du Travail a adopté la Déclaration de l'OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable, qui sera mise en œuvre dans le cadre de l'Agenda du travail décent et de ses quatre objectifs stratégiques.

« Dans le prolongement de la Constitution de l'OIT de 1919, cette Déclaration est le troisième grand énoncé de principes et de politiques adopté par la Conférence internationale du Travail dans l'histoire de l'OIT, aprés la Déclaration de Philadelphie de 1944 et la Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail de 1998. »

« La Déclaration, qui constitue une ferme réaffirmation des valeurs de l'OIT. Il:

  • rappelle que l'OIT a pour mandat constitutionnel de répondre à l'aspiration universelle à la justice sociale au moyen de ses activités dans le monde d'aujourd'hui;
  • reconnaît la responsabilité particulière qui incombe à l'OIT de promouvoir une mondialisation équitable afin de mieux atteindre les objectifs que les mandants ont fixés en créant l'OIT;
  • institutionnalise l'Agenda du travail décent en tant que politiqueessentielle  et concept opérationnel permettant à l'OIT d'atteindre ses objectifs consitutionnels et de servir ses mandants avec efficience et efficacité. ».
(Source: Déclaration de l'OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable, annonce du Directeur général, page 1)